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Différentes sortes d'apprentissage

September 22, 2017

 

Quand j’étais jeune prof, je me suis retrouvée sur les bancs de l’IUFM. On m’a alors consciencieusement expliqué qu’en tant qu’enseignante, je devais connaître et appliquer selon les contextes 3 types d’enseignement :

  • transmissif : le cerveau de l’élève est une boîte vide, le prof la remplit avec ses connaissances. C’est le royaume du ‘faire cours”, on prépare ses cours, on réfléchit à la transposition didactique.

  • behavioriste : théorie développée par Watson puis Skinner au début du 20e siècle. On s’intéresse ici uniquement au comportement observable des apprenants, dans le but de changer ce comportement. On va mettre en place des “tests” avec une feedback positif ou négatif suivant la réponse de l’apprenant. Le professeur va donc se centrer sur ce que l’élève va devoir être capable de faire à la fin de la séquence et non sur la façon dont il va apprendre. Bref, ce qui compte c’est le résultat et l’enseignement/apprentissage est vu comme une espèce de “boîte noire”.

  • constructiviste (Piaget) ou socio-constructivisme (Vygostsky). Les savoir sont vus comme une structure, en réseau les uns avec les autres. Lors de l’apprentissage, l’élève accommode ou change sa structure afin d’intégrer des connaissances nouvelles suites à un conflit cognitif. Chaque apprentissage comporte donc une phase inévitable de déséquilibre avant que la nouvelle structure soit consolidée.

A noter qu’en France, cette dernière théorie rencontre une vive opposition chez certains intellectuels. Lui est reproché notamment le fait que l’élève devrait “construire son savoir”, en redécouvrant des lois par exemple par lui-même. Ces détracteurs opposent constructivisme et transmission du savoir. Une lecture réelle des théories constructivistes montre que ce n’est nullement le cas, d’ailleurs, on ne trouve pas trace de ce débat dans les autres pays (un comble quand on sait que Piaget était français, où est donc passé notre légendaire chauvinisme ?).

 

Il va sans dire que tout enseignement réduit à une seule de ces théories se retrouve dénué de sens. Par exemple donc, à un moment ou à un autre, les élèves doivent être confrontés aux informations qu’on veut leur transmettre. Penser un enseignement en excluant le transmissif n’a donc aucun sens. De même, les neurosciences nous apprennent aujourd’hui que le cerveau se transforme lorsqu’on apprend. De nouvelles synapses sont créées, des réseaux neuronaux sont renforcés. Il y a donc bien construction du savoir car modification du cerveau : le constructivisme est donc étayé par la recherche scientifique. Enfin, le behaviorisme a encore de beaux jours devant lui tant que les élèves seront sélectionnés par leur capacité à donner de “bonnes réponses” à des examens à questions fermées.  

 

Mais, ne confondons pas types d’enseignements et façons d’apprendre. On oppose souvent ces trois types d’enseignement (alors qu’il en existe plus) mais ce sont en fait seulement des cadres théoriques pour développer des méthodes d’apprentissage.

En sciences humaines, le cadre théorique dépend de ce qu’on cherche à faire. Donc, si on veut faire réussir les élèves aux examens, c’est le cadre behavioriste qu’il faut choisir. Si on veut comprendre comment ils apprennent, c’est le cadre constructiviste. Si on veut réfléchir à comment présenter l’information pour qu’elle soit comprise le mieux et le plus simplement possible, c’est le cadre transmissif (qu’on pourrait appeler maintenant la communication).

La question de l’enseignant ce n’est pas “quel cadre théorique utiliser ?” mais plutôt “comment faire progresser les élèves ?”. Il faut donc commencer par définir notre but en tant qu’enseignant (et pourquoi pas aussi le communiquer aux élèves ?)

Soyons clair, si on veut que nos élèves aient le meilleur résultat possible à un examen fait de questions fermées alors le behaviorisme peut nous aider de façon efficace à le faire réussir au mieux.

Personnellement, mon but affiché, en tant qu’enseignante et surtout maintenant en tant que formatrice est de faire des adultes (ou de futurs adultes) autonomes, réflexifs, créatifs et capables de s’améliorer en continu tout au long de leur (future) carrière. Et pour arriver à cela, je ne vais pas me cantonner à un seul de ces cadres théoriques ni même à ces trois-là. J’ai, tout au long de ma carrière, pioché des idées et des concepts dans chacune de ces théories et exploré largement au-delà vers des théories aux rivages inconnus. C’est ce voyage au coeur de la pédagogie et des sciences de l’apprendre que je vous propose de faire avec moi durant les prochaines semaines. A bientôt alors si l’aventure vous tente !

 

Bibliographie et inspiration :



 

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