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Les 5 objectifs de l'évaluation

Ce post fait suite à ce test, que je vous pouvez donc faire, dans une logique d'évaluation diagnostique :).

Je distingue 5 objectifs pour l'évaluation.

Le premier, c’est d’aider l'enseignant à piloter son cours. Suivant ce que les élèves maîtrisent ou non, vous allez adapter le rythme et les activités du cours. Par exemple, c’est cet objectif qui se manifeste lorsqu’on se rend compte que la classe ne maîtrise pas la notion de vecteur et qu'il faut donc la revoir avant de parler de gravitation universelle. Cette évaluation vous sert principalement à vous, enseignant.

La deuxième, c’est de favoriser l’apprentissage. Eh oui, l’évaluation sert à apprendre. A chaque fois que vous répondez à une question, à chaque fois qu’un élève se remémore un point du cours, c’est de l’apprentissage. Cette évaluation sert principalement à l’élève.

La troisième c’est le contrôle, la certification. Le système nous demande d'attester des acquis des apprenants en fin de parcours, en fin de cycle donc dans l'Education Nationale. C'est le seul impératif de contrôle auquel sont soumis les enseignants.

La quatrième, c’est la sélection. C'est ce qui apparait en 3e et en lycée où les résultats des élèves conditionnent ce qu'ils vont faire après.

La cinquième c’est de légitimer l'enseignant. C'est dans cette logique-là qu'on donne des interrogations surprises pour forcer les élèves à travailler régulièrement. Que l'on donne un contrôle lorsqu'il y a le bazar en classe ou que nous décidons de noter un travail lorsque nous constatons que les élèves ne le font pas sérieusement.

Ces 5 objectifs ne sont pas équivalents.

Ainsi, il est dangereux de se servir de l’évaluation pour se légitimer, il vaut mieux utiliser son autorité de compétence. A chaque fois que vous vous servez de l'évaluation pour "faire la police", vous envoyez un message néfaste aux élèves, qui nuiera notamment à votre capacité à tenir la classe à long terme.

De plus, la motivation induite par les évaluation est externe par définition. Attention donc à ne pas la faire rentrer en conflit avec la motivation intrinsèque comme le plaisir d’apprendre.

La sélection également pose problème. On ne peut pas à la fois sélectionner et former. Par exemple, la recherche en psychologie cognitive nous a montré que les pratiques de classement nuisaient aux résultats finaux des apprenants.

Des trois objectifs restant, celui concernant les apprentissages est souvent sous-estimé. Nous verrons plus tard comment et à quelles conditions l’évaluation peut devenir un des plus gros levier à disposition du formateur pour les apprentissages.

L'évaluation classique à l'école

Notre vision de l’évaluation est modelée par notre passé scolaire. Lorsque nous nous trouvons pour la première fois en position d'enseignant et donc en tant qu’évaluateur, nous prenons inconsciemment comme modèle les professeurs de notre enfance.

Or, l'évaluation scolaire et la notation sur 20 nous viennent historiquement de l’école Polytechnique qui avait besoin de classer les meilleurs étudiants de France. La note est donc un outil de sélection. Depuis l'introduction du socle commun et jusqu'à la fin de la scolarité obligatoire, notre but n’est pas de sélectionner les élèves qui savent faire mais au contraire de former TOUS les élèves aux compétences du socle. Une évaluation qui fait apprendre, cela existe, pensez à vos ceintures de judo, votre permis de conduire, vos badges de boy-scouts ou alors votre niveau d’expérience dans votre jeu vidéo préféré ! Je vous propserai d'autres outils, transposables en classe dans la suite de ce blog.

De plus, la sélection crée de la compétition entre les apprenants, en faisant des classements notamment. Cela nuit de façon profonde à l’intelligence collective et à la coopération et donc à l’apprentissage. Or, notre rôle en tant qu'enseignant n'est-il pas de faire apprendre ?

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